Détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE)

Bracelet électronique : conditions, démarches et éligibilité

Le bracelet électronique permet à votre proche d'exécuter sa peine à domicile au lieu de rester en prison. C'est l'aménagement de peine le plus fréquemment accordé en France. Voici tout ce que vous devez savoir pour savoir si votre proche peut en bénéficier.

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Tout savoir sur le bracelet électronique

Qu'est-ce que le bracelet électronique ?

Le bracelet électronique - officiellement la Détention à Domicile sous Surveillance Électronique (DDSE) - est un dispositif fixé à la cheville qui permet à votre proche de purger sa peine à son domicile plutôt qu'en prison. Concrètement, un boîtier récepteur est installé dans le logement et relié à un centre de surveillance à distance.

Le juge d'application des peines (JAP) fixe des horaires précis : votre proche doit être présent à son domicile pendant certaines plages horaires, et peut sortir pendant les créneaux autorisés - pour aller travailler, se rendre à des rendez-vous médicaux, faire ses courses ou participer à la vie familiale. L'employeur n'a pas à être informé du port du bracelet, qui se dissimule facilement sous un pantalon.

C'est un aménagement qui change fondamentalement la situation : votre proche retrouve son quotidien, peut maintenir ses liens familiaux, conserver ou reprendre un emploi, tout en exécutant sa peine. Le temps passé sous bracelet compte bien comme du temps de détention effectué.

Qui peut bénéficier d'un bracelet électronique ?

Le bracelet est accessible lorsque la peine prononcée ou le temps restant à purger est inférieur ou égal à 2 ans. Ce seuil s'applique de la même manière aux primo-délinquants et aux récidivistes depuis la loi du 23 mars 2019. C'est un point important car beaucoup de familles pensent, à tort, que les récidivistes n'y ont pas droit.

Pour les personnes condamnées mais pas encore incarcérées (ce qu'on appelle l'aménagement « ab initio »), le seuil est d'un an. Le JAP est alors obligé d'envisager le bracelet avant toute incarcération (article 723-15 CPP).

Enfin, pour les peines de 6 mois ou moins, le tribunal doit obligatoirement envisager un aménagement - dont le bracelet - dès le prononcé de la condamnation. C'est prévu par l'article 132-25 du code pénal.

Les conditions examinées par le juge

Le juge d'application des peines examine trois critères principaux avant d'accorder un bracelet :

Un domicile stable
Votre proche doit disposer d'un logement fixe - le sien ou celui d'un hébergeant (un membre de la famille, un ami). Le domicile doit être équipé d'une prise électrique pour brancher le boîtier de surveillance. Avant la pose du bracelet, l'administration pénitentiaire vérifie la faisabilité technique du dispositif sur place.

L'accord des personnes vivant au domicile
Toutes les personnes majeures qui habitent au même domicile doivent donner leur accord par écrit. Le SPIP (service pénitentiaire d'insertion et de probation) recueille cet accord lors de l'enquête de faisabilité. Si vous passez par Aménage Ta Peine, le modèle de lettre d'accord est fourni dans votre espace en ligne.

Un projet de réinsertion
C'est souvent le critère le plus déterminant dans la décision du juge. Il peut s'agir d'un emploi ou d'une promesse d'embauche, d'une inscription en formation professionnelle, d'un suivi médical ou psychologique, ou d'un engagement familial (par exemple, s'occuper d'un enfant en bas âge). Plus ce projet est concret et documenté - avec des pièces justificatives à l'appui - plus les chances d'obtenir le bracelet sont élevées.

Comment faire la demande ?

La demande se fait par une requête écrite adressée au juge d'application des peines. Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n'est pas nécessaire de passer par un avocat - le condamné ou sa famille peut déposer la requête directement.

Une fois la requête déposée, le SPIP réalise une enquête de faisabilité. Un conseiller se rend au domicile prévu, vérifie les conditions techniques, recueille l'accord des co-habitants et évalue le projet de réinsertion de votre proche. Cette étape prend généralement entre 1 et 3 mois.

Le procureur de la République donne ensuite son avis (favorable ou défavorable), puis un débat contradictoire a lieu devant le JAP. Cette audience dure en moyenne 20 à 40 minutes. Votre proche (ou son avocat) y présente ses arguments, et le juge rend sa décision - parfois le jour même, parfois dans les jours qui suivent.

En tout, comptez entre 4 et 8 mois entre le dépôt de la requête et la décision. Avec Aménage Ta Peine, la requête est rédigée automatiquement à partir des informations et des pièces que vous avez fournies dans votre espace en ligne, avec toutes les références juridiques nécessaires.

La vie quotidienne sous bracelet

Porter un bracelet ne signifie pas rester enfermé chez soi. Le juge fixe un emploi du temps précis, adapté à la situation de votre proche. En général, les sorties sont autorisées pour :
  • Le travail (avec des horaires calés sur ceux de l'emploi)
  • Les rendez-vous médicaux
  • Les démarches administratives
  • Les courses alimentaires
  • La vie familiale (accompagner les enfants à l'école, par exemple)
Des permissions de sortie ponctuelles peuvent aussi être accordées pour des événements familiaux ou des week-ends. Le bracelet est posé dans les 5 jours suivant la décision du juge (sous réserve de disponibilité technique). Il se porte à la cheville et se dissimule facilement sous un vêtement.

En cas de non-respect des obligations

Si votre proche ne respecte pas les horaires ou les obligations fixées par le juge, le système de surveillance le détecte automatiquement. Le JAP peut alors décider de retirer la mesure, conformément à l'article 723-13 du CPP.

Les motifs de retrait possibles sont le non-respect répété des horaires, une inconduite notoire, une nouvelle condamnation ou la détérioration volontaire du bracelet. Mais il est important de savoir que le retrait n'est jamais automatique : votre proche a le droit d'être entendu lors d'un débat contradictoire avant toute décision. Si le bracelet est retiré, la conséquence est la réincarcération pour tout ou partie du temps de peine restant.

Comment ça marche

De la première question à la requête au juge

01

Vérification d'éligibilité

En 4 minutes, vous savez si un aménagement est possible, lequel, et à quelle date. Gratuit et sans inscription.

02

Constitution du dossier

La checklist vous guide pièce par pièce. Chaque document est vérifié. Vous savez toujours où vous en êtes.

03

Génération de la requête

La requête au juge est rédigée automatiquement. Un PDF prêt à signer et à envoyer par recommandé.

La procédure pour obtenir un bracelet électronique

Avec Aménage Ta Peine, chaque étape est guidée depuis votre espace en ligne.

01

Vérification d'éligibilité

Le simulateur vérifie le seuil de 2 ans et calcule les dates. Gratuit, 4 minutes.

02

Validation par un expert

Un spécialiste confirme par téléphone et vous oriente sur la stratégie.

03

Constitution du dossier

Pièces depuis votre espace en ligne : domicile, emploi, accord co-habitants, pièce d'identité.

04

Génération de la requête

Requête au JAP rédigée automatiquement avec références juridiques. PDF prêt à signer.

05

Envoi au greffe

Par recommandé ou par avocat. Notifications à chaque étape.

06

Enquête SPIP

Vérification domicile, accord co-habitants, rapport au juge. Délai : 1 à 3 mois.

07

Débat contradictoire

Audience de 20 à 40 min devant le JAP. Seul ou avec avocat.

Questions fréquentes

Peut-on travailler avec un bracelet électronique ?

Oui. Le juge fixe des plages horaires de sortie calées sur les horaires de travail de votre proche. L'employeur n'a pas besoin d'être informé du port du bracelet - c'est une information confidentielle.

Combien de temps porte-t-on le bracelet ?

La durée correspond au reliquat de peine au moment de la pose. Si votre proche a encore 14 mois à purger, il portera le bracelet pendant 14 mois. Des réductions supplémentaires peuvent être accordées pour bonne conduite pendant cette période.

Peut-on changer de domicile pendant le port du bracelet ?

Oui, mais il faut obtenir l'autorisation préalable du juge d'application des peines. Le SPIP vérifiera le nouveau domicile avant d'autoriser le déménagement - les mêmes conditions s'appliquent (prise électrique, accord des co-habitants).

Le bracelet est-il visible ?

Le bracelet se porte à la cheville. Il est relativement discret et se dissimule sous un pantalon, un jean ou une chaussette montante. Dans la vie quotidienne, il passe inaperçu.

Mon proche peut-il voir ses enfants avec un bracelet ?

Oui. Votre proche vit à domicile, avec sa famille si c'est le cas. Les sorties pour accompagner les enfants à l'école ou participer à la vie familiale font partie des créneaux que le juge peut autoriser.

Le temps sous bracelet compte-t-il comme de la prison ?

Oui. Le temps passé sous bracelet est bien du temps de détention effectué. Votre proche exécute sa peine - simplement à domicile plutôt qu'en cellule.

Que se passe-t-il si le bracelet est refusé ?

Un refus n'est pas définitif. Vous pouvez faire appel devant la chambre de l'application des peines dans un délai de 10 jours. Vous pouvez aussi déposer une nouvelle requête si la situation évolue (nouveau logement, nouvel emploi).

Est-ce que le bracelet sonne ou vibre ?

Le bracelet lui-même ne sonne pas. C'est le boîtier installé au domicile qui communique avec le centre de surveillance. Si votre proche quitte le domicile en dehors des horaires autorisés, le centre est alerté automatiquement.

Votre proche est peut-être éligible

La vérification est gratuite et prend 4 minutes.

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